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Emmanuel Libaudière, Directeur du pôle marketing et développement de l'offre au sein de Réseau Entreprendre



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Cyril ANDRE, le 13 Novembre 2017



Réseau Entreprendre est l'un des principaux réseau d'accompagnement des repreneurs et des créateurs d'entreprises en France. Emmanuel Libaudière nous en dit un peu plus sur son fonctionnement. « Le repreneur doit être capable de faire tourner son entreprise à plein régime dès son arrivée aux commandes de celle-ci »

« « Le repreneur doit être capable de faire tourner son entreprise à plein régime dès son arrivée aux commandes de celle-ci » »

Sur quels critères vous basez vous pour choisir d’accompagner un porteur de projet ?
Pour nous, l’adéquation de l’homme et du projet est essentielle. En reprise, nous accompagnons de nombreux cadres qui se reconvertissent. Ils vont donc découvrir un environnement nouveau, car passer de salarié à entrepreneur demande, notamment, un vrai changement d’état d’esprit et de comportement. Nous sommes attentifs sur ces points. Nous essayons d’analyser quelle est la vision des repreneurs à deux ou trois pour la croissance et le développement de la cible. Notre objectif prioritaire est le potentiel de création d’emploi.
 

En quoi consiste l’accompagnement de votre réseau en amont de la reprise ?
Notre philosophie est de s’inscrire dans la durée. Cette phase d’accompagnement en amont dure de 3 à 4 mois. Le repreneur va alors rencontrer d’autres chefs d’entreprise qui vont le challenger sur les éléments importants de son opération, notamment  sur la gestion des ressources humaines et sur la dimension commerciale. A 5 ans, le taux de pérennité des entreprises que nous avons accompagnées est de 84 % alors qu’il n’est que de 56 % en moyenne nationale, reprises et créations confondues. Ce taux de pérennité montre bien que nous sommes au cœur de notre mission qui est de créer de l’emploi.

Vous suivez aussi vos lauréats en phase post reprise …
Notre principale valeur ajoutée se situe dans cet accompagnement entrepreneurial d’un chef d’entreprise par un autre chef d’entreprise. Il est très important que le repreneur soit opérationnel très rapidement. Il doit être capable de  faire tourner son entreprise à plein régime dès son arrivée aux commandes de celle-ci. C'est souvent dans les 6 premiers mois que l’on va voir si la reprise va être pérenne, une fois les cadavres cachés dans le placard découverts. Le repreneur doit tout à la fois avoir la tête dehors pour aller chercher des commandes que dedans pour prendre en main l’entreprise. L’accompagnateur qui suit le repreneur va amener sa propre expérience de la reprise d’une entreprise. Cet accompagnateur ne se positionne pas comme un sachant ou comme un expert. La relation est celle d’un chef d’entreprise à un autre chef d’entreprise. Le repreneur qui se retrouve souvent bien seul à la tête de son entreprise va bénéficier d’une écoute active. Son accompagnateur va l’aider à traiter tous les problèmes qui se pose à lui, notamment en les reformulant et par l’effet miroir ; à ce niveau, on se trouve vraiment dans le partage d’expérience. Cet accompagnement entrepreneurial dure entre 2 et 3 ans.

Quel conseil pourriez-vous donner à un repreneur potentiel ?
Je conseille au repreneur de venir nous voir le plus vite possible, et ce,  avant même la signature de la lettre d’intention. On s’est aperçu dans certains dossiers que si nous étions intervenus avant la lettre d’intention, certaines mauvaises décisions auraient pu être évitées. Par ailleurs, l’accompagnement a une très grande valeur ajoutée de réassurance du dirigeant. Cela lui permet de prendre du recul, de voir les choses avec davantage de sérénité.

A combien se montent les prêts d’honneur que vous octroyez ?
Les prêts d’honneur vont de 15 000 à 90 000 en fonction de la nature du projet et de ses enjeux  financiers. Certains projets sont plus capitalistiques que d’autres et nécessitent davantage de fonds propres. L’effet de levier de nos prêts d’honneur est très important en reprise. Il est de 18. Il s’agit donc d’un accélérateur très fort pour le financement des plans de reprise. Les banques nous disent souvent : « Si vous y aller, nous y allons ».
 

Entretien