logo cession affaire

Nathalie Carré, chargé de mission Entrepreneuriat au sein de CCI France



0

Cyril ANDRE, le 09 Novembre 2017



Nathalie Carré est l'une des meilleures connaisseuses des mécanismes de la transmission d'entreprises en France, et notamment de la psychologie du cédant. Elle nous éclaire sur ce point. Les comportements des chefs d'entreprise qui souhaitent céder évoluent peu depuis une dizaine d'année ; il y a indéniablement un manque d'anticipation

« Les comportements des chefs d'entreprise qui souhaitent céder évoluent peu depuis une dizaine d'année ; il y a indéniablement un manque d'anticipation »

Pouvez-vous nous parler du diagnostic en ligne que propose les CCI aux cédants ?
Les dirigeants qui souhaitent céder peuvent faire un diagnostic en ligne sur leur entreprise grâce à notre outil E-CCI-Diag. Cet e-diagnostic leur permet d’identifier les points forts, les leviers, mais aussi les éventuels points bloquants quant au processus de cession ou de transmission de leur entreprise. Le dirigeant va ainsi être alerté sur des freins, dus à la situation de son entreprise, pour la vente de celle-ci. A la suite d’un diagnostic en ligne, un certain nombre de dirigeants vont contacter des conseillers de CCI. Mais l’une des difficultés que l’on rencontre est de leur faire admettre qu’il y a un problème. Il faut bien qu’ils sachent que des difficultés non résolues auront des incidences, notamment sur le prix de cession. A titre d’exemple, lorsqu’il y a beaucoup d’immobilier ou que l’immobilier a plus de valeur que l’activité, il faut mener une réflexion stratégique : faut-il déménager ? Faut-il vendre l’immobilier à part ? Faut-il conserver l’immobilier pour profiter d’un loyer ? Nous constatons  qu’il existe nombre de questions importantes que les futurs cédants ne se posent pas : est-ce que tous mes contrats sont correctement établis ? Qu’en est-il au niveau des ressources humaines ? Etc.
 

Les cédants préparent-ils, en règle générale, de façon appropriée la transmission de leur entreprise ?
Les comportements des chefs d’entreprise qui souhaitent céder évoluent peu depuis une dizaine d’année ; il y a indéniablement un manque d’anticipation, et ce, en dépit des campagnes de communications qui ont été axées sur cette problématique l’an dernier. Globalement, lorsque le dirigeant est à trois ou quatre ans de la cession de son entreprise, il ne se préoccupe pas de la question. Quand il est à moins d’un an, il va se soucier de quelques sujets, mais il appréhende rarement la problématique dans sa globalité. Mon constat est que la plupart des cédants ne préparent pas leur opération de cession suffisamment en amont,  car ils pensent qu’ils ne rencontreront pas de  difficulté.

Les CCI accompagnent-elles les cédants tout au long du processus de transmission ?
Les CCI n’ont pas le droit de mener des négociations, et ce, pour des raisons juridiques. Nous travaillons donc en amont avec les cédants afin qu’ils disposent d’une bonne analyse de leur entreprise et qu’ils soient alertés sur des difficultés potentielles. Il faut que certains cédants acceptent de se dirent que même s’ils ont été de bons dirigeants, leur entreprise aujourd’hui n’est pas assez « sexy » et donc cessible pour séduire et convaincre un repreneur.  Nous leur fournissons aussi une fourchette d’évaluation afin qu’ils ne demandent pas un prix de cession excessif. Ce travail est indispensable afin que le processus ultérieur de cession se passe de façon la plus souple possible. Ensuite, nous passons la main aux autres conseils.
 

Entretien